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Biographie

"Enfant, je m'intéressais beaucoup au théâtre de marionnettes. J'avais envie d'écrire des histoires pour les mettre en scène au "Guignol". Mais dès que j'ai appris à dessiner, j'ai trouvé qu'il était beaucoup plus agréable de raconter les histoires en les dessinant."
  • De 1946 à 1968

De 1946 à 1968

Tous les chemins peuvent mener à la BD !

Christian Goux est né en 1946 à Castres, une jolie petite ville du Tarn surtout connue parce qu’elle est la ville natale de Jean Jaurès et qu’elle a toujours soutenu sa formidable équipe de rugby : « Castres Olympique ». Là-bas on dit « le C.O » !

Il obtient sans problème un baccalauréat série C, mention « Assez Bien », et il aurait pu faire mieux s’il n’avait pas passé tout son temps à dessiner ses professeurs qu’il lançait dans les aventures rocambolesques en créant ses premières B.D. sur des cahiers d’écolier.

 

 

Déjà, une seule chose au monde l’intéresse : faire de la B.D. En 1966, dessinateur de B.D, ce n’est pas encore un métier reconnu et comme il paraît doué en maths et en dessin, un orientateur professionnel, consulté en dernier ressort, lui donne ce conseil saugrenu : « Il te faut être architecte ! »

Ayant, par défaut, suivi son conseil et après trois années insupportables passées à l’Ecole d’architecture de Toulouse, où il apprend les règles de l’art classique, la géométrie descriptive, le dessin de nu et la résistance des matériaux, il finit par se faire exclure définitivement pour mésentente avec l’autorité.

 

 

Il s’inscrit à la faculté d’histoire de l’Art et d’Archéologie de Toulouse – Le Mirail et après l’obtention d’une licence, il entame une maîtrise en Archéologie romaine ibérique. Plus à l’aise dans cet environnement, il participe tous les étés à des fouilles du CNRS sur un site antique en Espagne, dans la province de Léon. Les étudiants français sont bien accueillis.

Ils dégustent, après d’harassantes journées sur les chantiers de fouille et sous le soleil impitoyable, des omelettes aux poivrons, du chorizo local, des fromages odoriférants et ils boivent des « Kas lémon ».

 

 

Mais comme Christian Goux passe surtout son temps à dessiner les aventures picaresques de son directeur de fouilles, on lui fait comprendre assez vite qu’il ne sera jamais archéologue. Tant mieux ! Parce qu’en même temps, pour payer ses études, il dessine régulièrement dans l’édition dominicale de « La Dépêche du Midi » (le journal de la démocratie). Et ça, ça lui plaît vraiment !

 

 

 

  • De 1969 à 1979

De 1969 à 1979

Plus qu'un métier, la BD comme passion !

Son premier album B.D., il le dessine à la terrasse du café de Grimaud (Var) où il passe quelques jours de vacances. C’est « La Femme du Contrebandier », un récit onirique en noir et blanc édité par le fanzine Haga. Il dessine pour quelques revues locales (« Toulouse Hebdo », « Contact Variétés », « Le Journal de l’Entreprise ») et pour le magazine « Podium », créé par Claude Bernardini. En 1972, « Podium »  est racheté par le chanteur Claude François, et, le nouveau siège du journal se trouvant à Paris, boulevard Exelmans, Christian Goux vient s’établir dans la capitale.

 

 

Il assure une grande partie de la maquette de la revue et réalise toutes les illustrations. Chaque mois, il dessine un mini-récit (comme ceux de Spirou dans les années 60's) qui paraît dans les pages centrales de « Podium ». La réalisation du journal se fait la nuit. Sous la pression de « Cloclo », qui participe lui-même à l’élaboration du magazine, le travail est intense.

 

 

La petite équipe a cependant la chance de côtoyer toutes les vedettes du showbiz de l’époque qui rendent visite à la rédaction : Sheila, France Gall, Dalida, Alain Chamfort ou Patrick Topaloff. Christian Goux réalise à cette époque des pochettes de disques pour Dick Rivers et Martin Circus.

 

 

Il profite, bien sûr, de ses rares moments de repos pour démarcher chez les éditeurs de B.D. Une série animalière qu’il vient de créer attire l’attention du directeur artistique des Editions Garnier, qui éditent les aventures de « Gédéon » de Benjamin Rabier. C’est ainsi qu’en 1978 paraît son premier album en couleurs : « La tour de fumées grises », suivi l’année d’après par « Le cimetière des oiseaux ». On dit que Saucisson Smith, le héros de ces récits, ressemble un peu à son  créateur !

 

 

  • Les rencontres des années 80

Les rencontres des années 80

Rédacteur en chef de Tintin France, auteur-dessinateur, scénariste, ... L'inspiration et l'imagination pour de nouvelles aventures!

A partir de 1979, le journal « Pif-gadget » publie régulièrement les épisodes de « Manivelle », une série humoristique très animée, d’un petit chauffeur routier débrouillard, proche cousin de Saucisson Smith. Pendant sept années Christian Goux dessine plus de 450 pages de « Manivelle et Camélécamion ».

 

 

Comme, à cette époque, il dessine tout le temps et très vite, il publie des B.D. dans de nombreux journaux pour enfants : « Claquenouille » dans Spirou , « Fairizette et Grobizou » dans  Lili-Aggie , « Kim Play le détective volant » dans Triolo , le « Croque-béton » dans Pistil

 

 

Le groupe de presse « Cinq-pouce » qui édite ce dernier titre, rachète un jour l’édition française du journal belge « Tintin ». Christian Goux étant un « tintinophile » averti, (il collectionne depuis toujours les éditions originales en noir et blanc des albums « Tintin et Milou »), on lui propose le poste de conseiller à la rédaction du magazine « Tintin ». En 1980 il passe rédacteur en chef de l’édition française.

 

 

Il propose à Hergé, le créateur de « Tintin et Milou » de republier dans l’hebdomadaire, les pages originales des aventures du petit reporter  et de son chien, mises en couleur par les « studios Hergé », avenue Louise à Bruxelles.

 

 

Hergé accepte et le lecteur français peut alors suivre chaque semaine « Le lotus bleu » et « Le sceptre d’Ottokar » en « v.o. colorisée ». Un vrai scoop pour le journal !

 

 

Avec l’autorisation d’Hergé, Christian Goux publie chaque semaine dans l’hebdomadaire « Tintin story » puis « Les archives de Moulinsart » qui retracent, album par album, l’histoire de Tintin et de ses amis : passages supprimés dans les albums, dessins refaits ou méconnus, photos inédites…

Cette rubrique obtient un vif succès auprès des lecteurs tintinophiles qui participent activement en envoyant au journal leurs propres découvertes.

 

 

En 1986, aux éditions Fleurus, qui éditent plusieurs revues destinées à la jeunesse, Christian Goux rencontre le scénariste Didier Convard. En compagnie de ce dernier, il fait revivre « Fripounet et Marisette » créés en 1946 par René Bonnet. Toujours scénarisé par Didier Convard, mais aux éditions Glénat, Christian Goux dessine « Les enquêtes d’Henri-Georges Midi », un élégant détective dans la lignée de ceux créés par Agatha Christie. Le premier récit : « Les sept morts de Miss Harington », paraît dans la revue « Gullivore ».

 

 

Christian Goux prend plaisir à rédiger des scénarios pour ses amis dessinateurs. A la fin des années 80 il écrit « Le testament du docteur Zèbre » et « Les calanques de l’enfer » pour Olivier Schwartz et « Un beau timbre bleu » puis « Le moulin à musique » pour le dessinateur Kab, aux éditions Milan. Il scénarise Harry Plaxon pour François Dimberton.

 

 

 

 

  • De 90 à nos jours: la ligne claire méridionale

De 90 à nos jours: la ligne claire méridionale

Avec l'enseignement de la BD belge, l'évolution vers un trait plus précis, avec de nouveaux personnages jeunesse, plus attachants les uns que les autres.

Mais c’est donéravant en tant qu’auteur complet qu’il va travailler. Dans ses deux albums « Sigale », parus aux éditions Dargaud (« Aiguesieste » et « Paris la douce »), il se plaît à créer un monde proche des romans de Marcel Pagnol. Il le dessine dans un style que l’on qualifiera de « ligne claire méridionale » : un mariage heureux entre le style d’Hergé et celui de Dubout !

 

 

En 1997 dans « Le petit Léonard », un journal d’initiation à l’art pour les jeunes lectrices et les jeunes lecteurs, il entreprend de dessiner l’étonnante « Histoire de l’art en bandes dessinées » : 584 pages de B.D. au cours desquelles il raconte la vie et les œuvres des peintres, des sculpteurs, des architectes de l’antiquité à nos jours.

C’est pour « Le Petit Léonard » qu’il anime tous les mois les facéties artistiques de « Sylvestre et Caroline », une série de gags destinés aux plus jeunes.

 

 

Depuis 1998 il anime, tous les mois, dans la revue « Arkéo Junior » les gags inattendus des « Chandefouille », une famille d’archéologues qui parcourent le monde. Pour la même maison d’édition (Faton), il adapte en B.D. des classiques de la littérature : « Ubu roi » d’Alfred Jarry, « Poil de carotte » de Jules Renard, « Le chien des Baskerville » dans la série des Sherlock Holmes de Sir Arthur Conan Doyle, « Histoires extraordinaires » d’Edgar Allan Poe

 

 

Et en 2012, il rend hommage  au créateur de la B.D. « Blake et Mortimer » en adaptant « Face au drapeau », un roman de Jules Verne. L’album paraît aux éditions « Pan Pan », en Belgique, sous le titre « Le fulgurateur Roch », agrémenté d’un superbe ex-libris dessiné par son ami et collaborateur Bernard Jivarol.

 

 

Christian Goux, intarissable, travaille actuellement sur une B.D. autobiographique : « Café du Rond-Point ». Il y décrit la vie quotidienne dans une ville du midi au début des années 50 : le monde vu par un enfant de cinq ans, quand on écoutait l’arrivée de l’étape du Tour de France dans un énorme poste T.S.F à la terrasse d’un café, à l’heure de l’apéritif !